Nous connaissons bien le CEO, le CFO, le CMO, le CIO (respectivement Chief Executive Officer, Chief Financial Officer, Chief Marketing Officer, Chief Information Officer). Il existe même, venu d'outre-atlantique, le CHO pour Chief Happiness Officer...
Alors dans la famille des C-Level, on voudrait le K ?
Le MIT Sloan Management Review dans un article fondateur de 1999 posait déjà la question : qu'est-ce qu'un CKO ? L'étude portait sur les concernés dans la Silicon Valley et en Europe. Une figure pourtant peu connue, encore aujourd'hui.
Voici l'émergente figure de celui qui est souvent recruté par intuition du dirigeant, plus que par un besoin rationalisé des ressources et compétences.
Qui recrute un CKO ?
Selon les chercheurs, les entreprises performantes qui intègrent un Chief Knowledge Officer sont celles qui :
- (1) Reconnaissent la valeur : Elles savent que la ressource durable de l'avantage concurrentiel est la Connaissance.
- (2) Ont conscience du gâchis : Elles réalisent qu'elles sous-évaluent ce qu'elles savent, inhibant leur propre "capital intelligence".
- (3) Cherchent le potentiel : Elles n'arrivent pas à exploiter le gisement de valeur que renferme la connaissance accumulée en interne.
Ainsi donc le profil recherché est un "K" difficile à trouver…
C'est un K comme Knowledge…
Il a le goût de la responsabilité du management de la connaissance car il veille offensivement sur l'environnement interne et externe. C'est avant tout un veilleur… car il a le goût prononcé pour l'information. C'est pourquoi il est souvent l'allié naturel du CIO (DSI).
C'est un K comme Key : il est une clé majeure de la solidité de la chaîne de valeur. Il agit comme l'interface entre les opérationnels dont il sait qu'ils sont, individuellement et collectivement, à l'origine de l'innovation.
C'est un "technicien" et un "environnementaliste" avec une forte sensibilité à la protection et la sécurisation des connaissances sensibles.
C'est un initiateur capable de comprendre la vision du dirigeant et de la traduire en connaissances opérationnelles. Il crée l'environnement propice au développement du capital connaissance interne. Il connecte les collaborateurs qui en sont détenteurs.
Le "Knowledger" : veilleuse stratégique
Pragmatique et humaniste, c'est une figure incontournable de l'entreprise agile du 21e siècle.
En tant que manager des connaissances, il est la veilleuse stratégique du dirigeant.
"Le manager sème et récolte l'information, cultive la connaissance collective qui produit l'innovation et régénère sans cesse l'avantage concurrentiel."
Note de 2025 : Aujourd'hui, avec l'avènement de l'IA Générative, le rôle du CKO évolue souvent vers celui de "Chief AI Officer". La mission reste la même : organiser la connaissance (Data) pour la rendre actionnable.